Durant mes années de formation j'ai souvent entendu parlé du "syndrome du jumeau perdu". Il est très courant que la femme enceinte développe une grossesse gémellaire qui passe inaperçue car l'embryon (ou les embryons ) n'est pas viable. Il s'évacue normalement après quelques jours ou même quelques semaines de gestation. Lors de mes rencontres et de mes conférences, connaissant les symptômes, je parlais de ce syndrome courant. Les réactions sont diverses, certaines personnes sont ouvertes à ce genre de possibilité puis d'autre totalement dans le rejet. Cet article que je viens de découvrir sur le net est très explicite, j'espère qu'il ouvrira les yeux à de nombreuses personnes qui sont dans le déni, afin de leur permettre d'avancer dans leur futur et d'être enfin libéré du passé.
Il sourit aux anges
- Eh ! Rémi, viens voir comme notre fils a l’air heureux. Il
sourit encore aux anges en dormant.
- Oui, tu as raison, il a l’air vraiment bien. Crois-tu
qu’il voit vraiment des « anges » ?
- Euh… Je ne sais pas. Sait-on vraiment ce qu’est un ange en
fait…
parole au bébé
parole au bébé Oui, Yvan, leur fils dort bien. Il a deux
mois et il a l’air d’un bébé bienheureux, et pas seulement lorsqu’il dort, le
jour aussi. Parfois, il est couché sur le dos et semble regarder les particules
de poussière danser dans un rayon de soleil et il gazouille. Il rit parfois
même aux éclats en regardant attentivement dans le « vide » !
Par contre, il semble vivre dans un monde qui lui est propre
; un monde qui a l’air bien agréable… mais il ne regarde presque pas ses
parents. Il ne semble pas intéressé par leur amour, leurs attentions, les jeux
qu’ils lui proposent, leurs invitations. Ces nouveaux parents ne s’inquiètent
pas ; leur bébé a l’air si bien, si calme. Et il est bien jeune encore pour
souhaiter être en relation avec eux, se disent-ils pour se rassurer.
Trois mois plus tard…
Je les ai reçus tous les
trois dans mon bureau. Vous vous imaginez bien qu’ils ne sont pas venus me
rencontrer parce que leur bébé souriait en dormant. Eh, non ! Le tableau avait
changé. Yvan n’avait plus l’air bien du tout maintenant.
En fait, Rémi et Manon, ses parents, ne reconnaissaient plus
du tout leur fils, âgé maintenant de cinq mois. Il pleurait sans arrêt et,
malgré tout leur amour, tous leurs câlins, tous leurs bons soins, il était
inconsolable. Il ne dormait plus ni le jour ni la nuit.
Qu’avait-il bien pu se passer en si peu de temps ? C’est
justement ce que je me suis demandé… et surtout ce que j’ai demandé à la
Conscience innée d’Yvan. J’en ai encore appris un peu plus au sujet de ce que
vivent à notre insu les tout-petits, alors je partage cette information avec
vous.
Catastrophé…
Aussitôt qu’il a pris la Parole au moyen de la PAB ( cette
approche que j’ai mise au point pour mieux connaître la vie intérieure du
bébé), Yvan nous dit d’emblée qu’il était catastrophé. Il a ajouté qu’il se
sentait trahi et si désespérément seul.
Mais il n’en est pas resté là, il a encore apporté plus de
précision. Il nous a dit que son jumeau l’avait quitté il y a environ deux
mois. C’est ce qui le fait tant pleurer. À ce moment de notre rencontre, les
parents ne comprenaient pas ce dont parlait leur fils. En effet, tout au long
de la grossesse, il n’avait jamais été question de la présence d’un possible
jumeau. On avait toujours cru qu’Yvan était seul à faire le voyage intra-utérin
vers ses parents. Yvan a précisé que ce jumeau insoupçonné (ou plutôt l’âme ou
la « Présence » de son jumeau) l’avait accompagné jusqu’à tout récemment à
l’insu de tous.
Personne n’était au courant de cette conception double au
départ ni du décès de l’embryon avant qu’il soit assez gros pour être senti par
sa mère ou même visible sur l’échographie ; aucune trace… sauf pour Yvan qui
ressentait bien la présence de son frère. La Sagesse d’Yvan nous a appris que
le corps physique de son frère avait arrêté de se développer à la troisième
semaine de leur gestation commune, mais que la Présence de son frère ne l’avait
pas quitté au même moment.
Ainsi il y a quelques années, j’ai appris en même temps que
ces parents qu’au moment du décès intra-utérin d’un embryon (aussi jeune et
aussi minuscule soit-il), un jumeau peut continuer d’accompagner son frère (ou
sa sœur) pendant encore un certain temps et aussi qu’ils restent tous deux en
relation. Pour le jumeau survivant, la Présence de son frère/sœur est aussi
tangible et concrète que s’il avait un corps physique.
Une belle présence…
À la suite de cette rencontre il y a quelques
années, j’ai toujours pris soin de demander à un jumeau survivant non seulement
à quel moment son jumeau est décédé, mais aussi à quel moment sa Présence l’a
quitté aussi. Au moment où je pose cette question, cette Présence est parfois
encore parmi nous. Tant de la part des bébés in utero que des nourrissons déjà
nés, j’ai reçu toutes sortes de réponses.
En résumé, cette Présence peut quitter en même temps que
l’arrêt du développement de sa forme physique. Dans d’autres cas, la Présence
peut rester encore un peu plus longtemps (on parle de quelques jours ou
quelques semaines pendant la gestation de son jumeau survivant). Elle peut
aussi accompagner
Parole au bébé
Son jumeau pendant la naissance et même rester
encore quelque temps après.
Ayant également donné la Parole à des enfants plus vieux,
j’ai aussi appris que c’est très souvent ce qui se produit lorsqu’un bambin dit
avoir un ami que, nous, les adultes, qualifions d’« imaginaire ». Pas si
imaginaire que ça, en fait puisque c’est nous qui ne le voyons pas. Il existe
tant de choses au-delà de nos cinq sens physiques auxquelles les bébés ont
accès. L’auteur Sylvie Ouellet en témoigne dans son livre Bienvenue sur Terre,
en la personne de son fils qui a vécu le départ de la Présence de son jumeau
plusieurs années après sa naissance.
Un fantôme…
Comme cette situation se présente relativement souvent, je
me suis interrogée sur la raison et la cause de cette Présence : pourquoi une
âme reste-t-elle près de son jumeau même après son décès ? La première chose
que je me suis demandé, c’est s’il s’agit d’un fantôme ? Autrement dit, est-ce
une âme restée prisonnière, un être qui n’arrive pas à s’élever, qui ne trouve
plus son chemin pour poursuivre sa route après la Vie, une âme qui est bloquée
?
En fait, dans mon bureau et lorsqu’il s’agit de l’âme d’un
jumeau, la réponse est non. Dans la très grande majorité des cas (dans mon
bureau, plus de 9 fois sur dix), c’est un pur geste d’amour de la part du
jumeau qui a quitté son corps. Un geste de pur amour envers son jumeau qui,
lui, poursuit son périple terrestre. Bien sûr, je n’ai pas donné la parole à
tous les jumeaux décédés ou survivants, et mon échantillonnage est si restreint
que je ne peux en tirer une moyenne, mais c’est approximativement ce nombre que
je retrouve dans mon bureau.
Parole au bébé
Dans un premier temps, au moment de leur
conception commune, ce jumeau – maintenant reparti – a accompagné son
frère/sœur lors de son installation dans son nid intra-maternel, bien souvent
pour lui tenir la main, pour l’encourager, pour lui donner le courage de
débuter son voyage dont l’objectif n’est pas toujours facile. Puis, dans un
deuxième temps, il le quitte pour une raison bien précise. En effet, ce départ
installe une souffrance, sous la forme d’une émotion et d’une pensée, et cet
inconfort réveille souvent un pan de son passé. C’est une graine qui vient
d’être ressemée afin de réinstaller tout le bagage nécessaire pour poursuivre
un travail que l’âme avait déjà amorcé. Nos souffrances sont en effet
d’excellents outils de croissance. Enfin, cette Présence reste après son décès,
toujours par amour, toujours dans un but précis. Rien n’est laissé au hasard,
tout est geste et accompagnement d’amour.
Pour un très petit nombre (un cas sur dix dans mon bureau),
le jumeau décédé demande qu’on l’aide à s’éloigner, qu’on lui donne la parole
de façon à ce qu’il partage avec nous -avec son jumeau, avec ses parents- une
lourdeur qui lui pèse au cœur, une pensée trop lourde – une culpabilité, un
remords, un regret – qui l’empêche de s’envoler. Cela l’aide à prendre son
essor pour rejoindre L’Entre-Deux-Vies ou poursuite sa route, mais très souvent
cela n’est pas nécessaire. Il a certainement lui aussi, été bien accompagné
d’une façon dont nous ne nous rendons pas compte.
Une bonne raison…
C’est à ce moment-là de notre rendez-vous avec Yvan et ses
parents que j’ai senti important de chercher à donner un sens à tout ceci pour
Yvan. Qu’est-ce que son âme recherchait en ayant mis en place cette séparation
précoce d’avec son frère ?
L’âme d’Yvan nous l’a précisé : il a expliqué qu’en
s’incarnant, il venait faire face à un défi : celui d’essayer de vivre en tant
que personne individuelle. Pendant tous ces mois prénataux, alors qu’il était
accompagné de la Présence de son jumeau, il n’avait pas été intéressé par ce et
par ceux qui ne faisaient pas partie de sa bulle gémellaire. Il n’était pas
motivé à créer des liens avec ses parents et à explorer son nouvel
environnement terrestre. Il était totalement centré sur son jumeau, pleinement
satisfait par leur symbiose absolue qui le nourrissait parfaitement.
Pourtant, c’est l’apprentissage de l’autonomie qu’il avait
inscrit à son agenda d’incarnation. C’est pour cette raison que la Présence de
son jumeau s’est évaporée au bon moment, en accord parfait avec la Sagesse
d’Yvan afin de lui permettre de rencontrer ses besoins de croissance et
d’évolution. Pour cela, il fallait d’abord qu’il se sente seul, qu’il soit
poussé à s’ouvrir aux autres, qu’il sente un vide, un manque. En effet, on ne
se met souvent en action que lorsque cela nous est nécessaire, lorsque l’on
n’est plus confortable.
L’Entre-Deux-Vies
En tant qu’Être, conclure une entente avec l’âme de son
jumeau, dans cet espace de l’Entre-Deux-Vies, est beaucoup plus facile à
assumer que, sur Terre, au moment de la vivre réellement, dans un corps humain
dont les émotions sont extrêmement intenses et que le souvenir de l’accord est
masqué derrière un voile et oublié. Même si l’âme d’Yvan était d’accord avec ce
plan, ça n’en était pas moins difficile à vivre concrètement sur le plan
humain.
Maintenant que son jumeau était parti, il ne se sentait plus
une personne entière. Il se sentait une moitié, incomplète ; il lui manquait une
partie de lui-même. C’est tout cela qu’il venait rapatrier en lui.
Pendant son incarnation, au cours des années qui se
présenteront, son âme mettra tout en œuvre pour lui faire toucher les thèmes de
la séparation, de l’autonomie, de la saine indépendance énergétique (au lieu de
sa dépendance actuelle), de la riche interrelation à établir et à nourrir avec
les autres. Il essaiera d’apprendre à être heureux sans la nécessaire présence
de quelqu’un à ses côtés tout en ayant bien du plaisir aussi à vivre en compagnie
de ses pairs ou d’une amie plus intime plus tard au moment de former un couple.
Il essaiera d’apprivoiser l’idée qu’il existe même sans le regard ou la
présence de quelqu’un d’autre.
Aimer les autres, aimer être en interrelation avec eux, oui,
mais continuer d’exister même si personne n’est là.
Le passé…
En attendant, c’est avec ses parents qu’il doit apprendre à
vivre. Il a à les accueillir dans sa vie, à s’ouvrir à eux. Même pendant sa
gestation, il ne s’est pas tourné vers sa mère, pourtant si proche et si
désireuse de lui offrir son amour, tout occupé qu’il était à interagir avec son
jumeau parfaitement complémentaire. Il n’avait besoin de personne d’autre.
Durant notre rencontre, nous nous sommes penchés sur la
raison de tout ceci. Avec la permission et la guidance de la Sagesse d’Yvan,
nous avons revu une situation précise à l’origine de l’objectif de cette
présente vie. La Sagesse d’Yvan nous a parlé d’une vie antérieure au cours de
laquelle il était un homme que l’on qualifierait aujourd’hui de dépendant. Ses
trois catastrophiques vies de couple de cette époque avaient été marquées du
sceau de la possession, du contrôle de l’autre, de la jalousie et de la peur
que l’aimée le quitte (c’était même arrivé deux fois).
Il venait maintenant apprendre à être heureux seul et se
sentir complet sans que quelqu’un d’autre ne lui tienne constamment la main.
L’action combinée de la présence et du départ de son jumeau l’y aidera.
S’ouvrir…
Ouf ! Cela fait bien du pain sur la planche pour un si petit
bébé. C’est qu’il ne faut pas perdre de vue qu’Yvan n’est pas qu’un petit bébé
: il est d’abord et avant tout une grande âme.
Mais ses parents sont là, dorénavant conscients de tout
ceci, conscients d’être ses guides. Ils sont maintenant au courant de ce qu’a
vécu leur fils dans un passé proche (vie prénatale et vie antérieure), de ce
qu’il expérimente actuellement et des objectifs d’incarnation auxquels il est
venu faire face. Ils se sentent plus outillés et plus forts pour l’accompagner
concrètement de leur amour et de leur soutien.
Lorsqu’ils le berceront au cours des prochaines semaines,
ils sauront quoi lui dire et comment l’encourager. Ils trouveront les mots pour
l’inviter à faire partie de leur famille, l’apprivoiser et l’inciter à s’ouvrir
à eux et prendre une part active à leur nouvelle vie. Ils accompagneront aussi
le deuil de leur fils et aussi le leur puisqu’ils ont perdu un fils, le jumeau
d’Yvan. Ils rassureront leur bébé aussi sur le fait que, pour eux, il est
vraiment une personne entière et
Brigitte Denis
Consultante périnatale, Montréal - Canada
Auteur du livre : "La Parole Au Bébé", éditions Le
Dauphin Blanc
www.brigittedenis.com